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LES MISSIONS DE LA PREVENTION SPECIALISEE

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Soutenir la parentalité

Le foyer familial est le premier pôle d’éducation des jeunes. Pourtant bien des parents ont abdiqué, dépassés par leurs difficultés personnelles, par leur inexpérience, leur ignorance ou encore par la reproduction d’habitus désuets. Il est essentiel de développer des actions qui les soutiennent et les responsabilisent dans leur rôle et leurs fonctions parentales, qui développent une prise de conscience de l’enjeu éducatif pour leurs enfants et restaurent leur responsabilité et leur autorité. Les axes de travail sont multiples : soutenir les parents en les associant aux accompagnements de leurs enfants et promouvoir des actions qui visent à restaurer leurs rôles et fonctions sans oublier de prendre en compte les conflits familiaux.

 

Prendre en compte les difficultés des jeunes

Cette orientation se décline en deux modalités d’actions complémentaires. D’une part, les actions individuelles qui  visent à prendre en compte des situations singulières dans une dimension préventive ou curative. Celles-ci constituent autant d’expériences concrètes qui viennent nourrir notre réflexion. D’autre part, les actions collectives qui visent à proposer l’adaptation de parcours d’intégration, la création de nouveaux outils éducatifs, la mobilisation des acteurs et des habitants.
Il s’agit d’aller au-devant des jeunes confrontés à des situations de fragilité, de précarité voire de rupture sociale pour prendre en compte les difficultés dans l’accès à la culture, la scolarité, la formation, l’emploi, la santé, la justice, l’administration, le logement, les ressources financières.
Notre intervention vise à établir des liens, restaurer un dialogue entre le jeune et son environnement : famille, habitants, acteurs sociaux, institutions.
L’objet de ce travail est de contribuer à l’intégration des jeunes. A travers un travail d’accompagnement éducatif en réseau, nous visons des changements de situation, des ruptures dans les comportements et favorisons le maintien ou la réinscription dans des parcours traditionnels de socialisation et d’insertion.

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Porter une attention particulière aux plus jeunes

Les plus jeunes (12/17 ans) sont peu demandeurs et entrent difficilement dans une relation d’accompagnement. Même s’ils sont en situation de fragilité, leur inscription familiale et scolaire leur garantissent un minimum de quiétude. Pourtant leur apprentissage de la rue commence très tôt et c’est souvent livrés à eux-mêmes qu’ils construisent leurs rapports au groupe de pairs. Ils réalisent leur immersion dans la communauté des jeunes, adhèrent à sa culture propre, ses modes vestimentaires, ses modes relationnels, son vocabulaire, sa manière de percevoir la société, son discours et ses conduites à risque. Cette imprégnation se réalise plus sous la forme d’une aliénation que dans le cadre d’un espace de solidarité et d’échanges. Il est essentiel pour nous d’aller au-devant de ces jeunes, de susciter des rencontres, de créer des espaces de dialogues qui vont permettre d’introduire de la différence, favoriser une prise de recul, susciter de l’intérêt, mobiliser des énergies, développer le goût de découvrir, de prendre le risque d’affronter l’inconnu (l’autre différent, l’extérieur) et renoncer au confort de l’enfermement. Les actions d’animations éducatives et les accompagnements de groupes sont autant de moyens d’entrer en contact avec ce public, de favoriser la rencontre, d’établir une relation de confiance dans une dynamique d’inscription dans des projets accès sur la socialisation.

 

Maintenir des liens avec ceux en grande difficulté afin de rompre leur enfermement et leur désoeuvrement

Il existe un terreau de violence et de rancœur exacerbées par les difficultés que rencontrent certains jeunes pour s’inscrire positivement dans la société. Le discours de la haine est omniprésent, presque sans dissimulation : intolérance, racisme, antisémitisme, machisme, critique de la société qui opprime, qui ghettoïse. Les sempiternelles réflexions fusent au quotidien : «Qu’a fait la France pour moi ?» ou encore «Y-a pas de travail ?»  invocations à la fois question et réponse. Carences éducatives, incompréhension de l’environnement, absence de maîtrise des outils de communication sont autant de raisons qui peuvent expliquer des attitudes de repli sur les valeurs culturelles traditionnelles de leur famille, une démobilisation comme une stigmatisation dans une attitude de victimisation et des comportements consuméristes exacerbés. Les plus démunis éprouvent de véritables difficultés pour trouver une place dans la société. Établir et maintenir des liens, c’est là le travail périlleux de l’éducateur qui, dans une prise de risque calculée, va à la rencontre de ces jeunes en soutenant souvent des «joutes verbales», en affirmant des valeurs, en montrant le désir de comprendre, en développant des capacités de transmettre une culture et des valeurs partagées. Nous construison, peu à peu, une relation de confiance qui s’ancre dans une expérience vécue partagée ce qui élargit progressivement le champ du possible, pour susciter ou resusciter un peu d'espoir.

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Favoriser la mixité pour une population féminine fragilisée

Si les filles rencontrent sans doute moins de difficultés d’intégration que les garçons, mener des actions en direction du public féminin est primordial. On peut pourtant constater un net repli de leur émancipation. Leur insertion socioprofessionnelle reste fragile et leur difficulté à désinvestir le milieu familial les contraint à accepter bien des compromis. Certaines affichent des attitudes très masculines qui vont leur permettre d’occuper une place respectée quitte à user de violences au même titre que les garçons, d’autres au contraire vont adopter des attitudes de repli, en restant confinées dans la sphère privée ou en se dissimulant derrière un voile protecteur. Il est essentiel d’être particulièrement attentif à leur situation, de favoriser leur accès à nos actions comme de développer des actions spécifiques en leur direction. De manière plus générale, il s’agit de soutenir leur participation et leur implication dans l’espace public.

 

Favoriser l’accès à l’emploi

Parmi les multiples axes de travail, l’accès à l’emploi est le premier moteur de l’intégration. Il permet non seulement une autonomie financière, développe un sentiment d’appartenance à la collectivité mais favorise également une construction personnelle dans le cadre de relations établies avec des personnes issues d’autres milieux. Si la discrimination est sans doute à l’œuvre dans les processus d’embauche, force est de constater que bien des jeunes, que l’on désigne par «éloignés de l’emploi», sont particulièrement démunis : absence de qualification, inexpérience, représentations inadéquates, rejet de certains secteurs professionnels, comportements inappropriés, difficulté de compréhension et de communication… Ces situations trouvent sans doute leur origine dans une scolarité peu investie, voire totalement dévalorisée. Le travail d’accompagnement vers l'emploi est conséquent. Un travail préventif de collaboration avec les parents et les établissements scolaires permet de favoriser une inscription positive des jeunes dans leurs études, pour lutter contre l’absentéisme, susciter une représentation positive de l’école, stimuler le goût du travail et de l’effort et valoriser le mérite. En partenariat étroit avec les acteurs de l’insertion professionnelle et les employeurs, nous développons des parcours d’insertion socioprofessionnels individualisés où la dimension éducative est fondamentale.

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Mobiliser des acteurs et les habitants dans une prise en compte collective des problématiques

Il s'agit de promouvoir, de développer et de conforter des partenariats locaux et extérieurs pour favoriser une prise en compte transversale des problématiques dans une complémentarité des compétences et des interventions.
Conjointement, des actions de soutien aux initiatives de développement social local favorisent la diversification ou l’adaptation des parcours de socialisation ou d’insertion. Elles visent le développement du potentiel créatif en matière d’insertion sociale et la mobilisation des habitants dans la transformation de leur cadre de vie. Elles s’inscrivent dans une logique de cohésion sociale. Leur mode d’action repose sur le travail partenarial interassociatif ou interinstitutionnel.

 

Établir, entretenir et formaliser un véritable partenariat

En-dehors du travail de rue, une action de prévention spécialisée ne peut se concevoir que dans le travail en réseau pour les accompagnements et le partenariat pour les actions de développement local. Ce travail se construit peu à peu sur la base d’expériences partagées. Le conventionnement est un outil particulièrement intéressant. Il permet de préciser les missions respectives, de fixer des objectifs communs et de donner ainsi sens au travail, d’évaluer les actions menées et leurs résultats. Il assure également une continuité de l’action dans  un contexte de mobilité des acteurs.

 

Prévenir les tensions

Cette prévention s’organise autour d’une veille sociale centrée sur la prise en compte d’évènements conjoncturels. Elle tend à apaiser des tensions  momentanées : période de fin d’année, jugements, expulsions, actes délictueux, incidents dans le quartier… Les modes privilégiés d’intervention sont le travail de contact, la médiation, l’information, la communication, l’écoute. Notre capacité à agir repose sur la confiance établie et la reconnaissance de notre implication auprès des jeunes. La mise en oeuvre de cette action de régulation sociale à court terme ne peut s’envisager qu’articulée étroitement à un travail de présence sociale et d’accompagnement éducatif à long terme. C’est dans ce travail en profondeur qu’elle puise sa pertinence et sa légitimité. 

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De notre connaissance approfondie du territoire à l’élaboration d’un diagnostic partagé

La pertinence de notre action de prévention spécialisée repose sur la bonne connaissance de notre territoire. Le territoire s’entend ici comme un espace de vie qui comprend des habitants, jeunes et adultes, des acteurs, professionnel ou bénévoles, et des structures qui développent des actions, établissements publics, associations, groupes constitués. Si le travail de rue constitue un élément cardinal de ce repérage, d’autres actions permettent de le compléter et en particulier les accompagnements éducatifs en ce qui concerne la connaissance des difficultés que rencontrent les jeunes, la construction de réponses en terme d’élaboration de parcours d’insertion, le travail en réseau et le partenariat qui permet d’échanger des connaissances. Ce repérage ne vise pas seulement à cerner les difficultés mais également à répertorier les potentialités du territoire (personnes ressources, structures, groupes constitués…).
Ce travail fera l’objet d’un document séparé qui présentera différents éléments concernant notre territoire : recueil de données sociodémographiques, perspectives d’évolution du quartier dans le cadre de l’opération de rénovation urbaine, analyse de nos actions, échanges avec nos partenaires et au sein de notre champ professionnel.
L’aboutissement de ce travail de repérage vise dans un second temps la réalisation d’un diagnostic et à terme le partage de ce diagnostic avec nos partenaires. Il s’agit d’approcher de manière concrète les difficultés, les potentialités,  de repérer celles chroniques et conjoncturelles et d’établir des relations de confiance dans un travail partenarial basé sur l’action concerté et commune.
Dans le cadre de ce travail d’élaboration d’un outil de diagnostic, l’évaluation de nos actions constitue une priorité. Il s’agit pour nous, non seulement de rendre compte de nos actions à nos financeurs en veillant à une meilleure visibilité, mais également de nous permettre de mesurer l’impact de notre intervention pour nous mettre en situation d’effectuer des choix d’orientation adéquats. L’un des enjeux majeur réside dans l’intégration de ce travail d’évaluation dans nos pratiques quotidiennes pour en faire un véritable outil.

 

Formuler des avis à l’intention des décideurs

Notre connaissance du territoire et des difficultés que rencontrent les jeunes, les ressources que comporte le terrain, les actions qui ont prouvées leur pertinence ou au contraire leurs limites, constituent autant d’éléments qui peuvent permettre une meilleur compréhension de la situation locale. Plutôt qu’alarmer sur des problématiques générales souvent fort bien connues, il s’agit d’être source de proposition en terme d’action, de formuler des recommandations qui pourront orienter des politiques sociales, de favoriser les échanges, la thésaurisation et le partage d’expériences concrètes.

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